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HK-Étranges étrangers (d'après un poème de Jacques Prévert)

 

Session live ( Clip avec des sous-titres en français )

Étrangers étrangers, poème de Jacques Prévert dans "La Pluie et le beau temps", 1955 éditions Gallimard.

 Texte interprété par HK, extrait de l'album "Un autre rendez-vous" en duo avec Awa Ly ( 2022 )

À propos du poème de Jacques Prévert

Jacques Prévert écrit "Étranges étrangers" au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, époque tourmentée où la France dévastée recourait largement à une main-d'œuvre étrangère après avoir utilisé les "cobayes des colonies" comme chair à canon et où une vague xénophobe déferlait sur le pays.

Il y dénonce les injustices subies par les "hommes des pays lointains". Au-delà de sa révolte, l'auteur rend également hommage à leur vérité et à la beauté de leurs cultures multiples

Le poème dit par Jacques Prévert

Texte 

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle embauchés débauchés
manoeuvres désoeuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers
cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou du cap Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres.


Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet.

Enfants du Sénégal
départriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre

et des bombes incendiaires labourant vos rizières.

On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos.

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

On Lâche Rien

 
Le 6 novembre 2010, Hk & les Saltimbanks, se joignaient au cortège de la grande manifestation unitaire pour l'abrogation de la loi sur les retraites. Parmi plusieurs milliers de manifestants, les Saltimbanks se sont pointés sur un camion transformé en scène ambulante, pour apporter leur soutient à la lutte. Exit la pluie, oublié le froid, ce jour-là, le pavé brûlant réchauffait les têtes et les cœurs.
 
Album Citoyen du monde ( 2011 )
 
Du fond d'ma cité HLM
Jusque dans ta campagne profonde
Notre réalité est la même
Et partout la révolte gronde
Dans ce monde, on n'avait pas notre place
On n'avait pas la gueule de l'emploi
On n'est pas né dans un palace
On n'avait pas la CB à papa

SDF, chômeurs, ouvriers
Paysans, immigrés sans papier
Ils ont voulu nous diviser
Faut dire qu'ils y sont arrivés
Tant que c'était chacun pour sa gueule
Leur système pouvait prospérer
Mais fallait bien qu'un jour, on se réveille
Et que les têtes se remettent à tomber

On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien (waloo)
On lâche rien (waloo)
On lâche rien
On lâche rien

Ils nous parlaient d'égalité
Et comme des cons, on les a crus
Démocratie, fais-moi marrer
Si c'était le cas, on l'aurait su
Que pèse notre bulletin de vote
Face à la loi du marché
C'est con, mes chers compatriotes
Mais on s'est bien fait baiser
Et que pèsent les droits de l'homme
Face à la vente d'un Airbus
Au fond y a qu'une seule règle en somme
Se vendre plus pour vendre plus
La République se prostitue
Sur le trottoir des dictateurs
Leurs belles paroles, on n'y croit plus
Nos dirigeants sont des menteurs

On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien (waloo)
On lâche rien (waloo)
On lâche rien
On lâche rien

C'est tellement con, tellement banal
De parler de paix et de fraternité
Quand des SDF crèvent sur la dalle
Et qu'on mène la chasse aux sans-papiers
Qu'on jette des miettes aux prolétaires
Juste histoire de les calmer
Qu'ils s'en prennent pas aux patrons millionnaires
Trop précieux pour notre société

C'est fou comme ils sont protégés
Tous nos riches et nos puissants
Y a pas à dire, ça peut aider
D'être l'ami du président
Cher camarade, cher électeur
Cher citoyen consommateur
Le réveil a sonné, il est l'heure
De remettre à zéro les compteurs
Tant qu'y a de la lutte, y a de l'espoir
Tant qu'y a de la vie, y a du combat
Tant qu'on se bat, c'est qu'on est debout
Tant qu'on est debout, on lâchera pas
La rage de vaincre coule dans nos veines
Maintenant, tu sais pourquoi on se bat
Notre idéal bien plus qu'un rêve
Un autre monde, on n'a pas l'choix
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien (waloo)
On lâche rien (waloo)
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien
On lâche rien (waloo)
On lâche rien (waloo)
On lâche rien
On lâche rien
Waloo
On lâche nada
On lâche rien
Niente
Waloo